Dans le contexte actuel, il devient difficile de trouver sa place et d’exister médiatiquement, tant l’actualité est dominée par plusieurs événements majeurs. D’un côté, l’audition de Macky Sall par le Conseil de sécurité des Nations unies occupe une place centrale dans les discussions publiques, attirant l’attention sur les enjeux internationaux et sur le profil du candidat africain au poste de Secrétaire général de l’Organisation des nations unies (Onu). De l’autre, il y a la tournée économique du président de la République dans la région de Kolda qui constitue un autre temps fort, mettant en lumière les efforts du gouvernement pour dynamiser l’économie locale et renforcer les liens avec la population. Enfin, les développements autour de l’affaire Sweet Beauté, qui refait surface suite à la déclaration de Ndèye Khady Ndiaye, ajoutent une dimension controversée et passionnée à l’actualité, suscitant de nombreux débats et réactions au sein de la société. Ainsi, ces trois événements, chacun avec son impact particulier, contribuent à façonner une actualité nationale complexe et dense, où il est difficile d’exister sans être éclipsé par l’un ou l’autre des sujets brûlants.

Dans le cadre de sa campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies, Macky Sall a eu l’opportunité de s’entretenir avec des membres de l’Assemblée générale de l’Onu. Lors de cette rencontre, il a exposé en détail sa vision concernant le rôle et les missions que devrait incarner le futur Secrétaire général de l’organisation. Cette présentation a permis d’illustrer ses priorités et son approche sur la manière d’insuffler un nouveau dynamisme à l’action onusienne, tout en tenant compte des défis actuels du système international. Au-delà de la simple exposition de sa vision, l’échange a offert à Macky Sall la possibilité de recueillir les impressions, attentes et commentaires des représentants présents sur le fonctionnement actuel de l’Onu. Cette démarche d’écoute s’inscrivait dans une logique de dialogue ouvert et constructif, indispensable pour mesurer l’adéquation entre les enjeux institutionnels et les aspirations des Etats membres. L’atmosphère de la réunion, marquée par la présence de diplomates et de représentants d’associations de la Société civile agréées, a imposé un ton mesuré, propre aux échanges de haut niveau au sein des instances internationales. Les propos ont souvent revêtu un caractère codé, témoignant du souci de préserver la réserve diplomatique tout en abordant, en filigrane, les points sensibles relatifs au fonctionnement de l’organisation.

Macky Sall, une fierté collective

Dans l’ensemble, le défi auquel était confronté le candidat africain a été relevé avec une grande dignité et un professionnalisme manifeste. Sa prise de parole, appuyée par des réponses précises et argumentées aux questions posées par ses interlocuteurs, a mis en lumière le bénéfice concret de son parcours dans la gestion de l’Etat et sa familiarité avec les mécanismes des relations internationales. Cette expérience acquise au fil des années lui a permis de défendre sa vision avec assurance et de répondre de manière pertinente aux attentes des membres présents, illustrant ainsi la valeur ajoutée d’un leadership forgé à la fois sur la scène nationale et internationale.

Il ne fait aucun doute que Macky Sall présente toutes les qualités requises pour le poste de Secrétaire général des Nations unies. Conscient de la portée et de la difficulté de la mission qui l’attend, il mesure l’importance de consolider la crédibilité de l’organisation dans un contexte géopolitique particulièrement complexe. Les conflits armés, bien qu’ils tendent à occulter certaines problématiques, ne doivent pas faire oublier les enjeux majeurs qui persistent. Les questions relatives à la promotion et au respect des droits humains, à la lutte contre le changement climatique, au financement du secteur productif, ainsi qu’à l’emploi des femmes et des jeunes, constituent autant de défis qu’il reste à relever. Macky Sall appréhende avec lucidité l’ampleur de ces enjeux et la nécessité d’y apporter des réponses concrètes, afin de renforcer la légitimité et l’efficacité de l’Onu face aux crises contemporaines.

Comme le dit mon ami Soya Diagne, en détention depuis six mois pour des broutilles, «de Ndouloumadji à New York, le destin de Macky Sall incarne l’espoir et la renaissance de toute une Nation. Ce parcours remarquable s’est construit autour d’une seule personne, Macky Sall, dont l’histoire personnelle est celle d’un homme issu d’un milieu modeste : fils de gardien d’école et d’une mère ménagère. Il symbolise à lui seul la réussite de la politique du poète-Président Léopold Sédar Senghor». Il ajoute que «Macky Sall, fils de Amadou, a été formé par le Président Abdoulaye Wade. Issu de l’école publique de Fatick puis étudiant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, il nous rappelle que la réussite s’obtient au prix de l’effort. Son parcours est un exemple pour la jeunesse, montrant que l’engagement et la persévérance sont les clés de la réussite. Aujourd’hui, Macky Sall est sur le point de présider la plus grande organisation internationale du monde. Ce tournant illustre l’importance de son engagement et de son parcours, qui forcent le respect au-delà des frontières nationales». A certains de ses détracteurs «dont le seul mérite semble être de l’avoir détesté», qui «remettent en cause la légitimité de Macky Sall à diriger une telle institution», Soya rappelle que «ces opposants sont, en réalité, les produits de Macky Sall, tout comme lui-même fut le produit de Abdoulaye Wade».

En effet, jamais auparavant un Sénégalais n’avait atteint un tel niveau de reconnaissance et de responsabilité à l’échelle internationale. Cette avancée historique suscite un sentiment de fierté collective. Cet accomplissement représente une immense source de fierté pour le Sénégal et incarne un grand espoir pour tout le continent africain.

A l’échelle mondiale, d’importantes transformations sont en cours : les cartes sont en train d’être redistribuées, et la configuration politique, économique et financière de la planète est sur le point d’être redessinée. Ce contexte dynamique contraste fortement avec une focalisation locale sur des sujets qui n’ont qu’une portée limitée, occultant ainsi la profondeur des bouleversements internationaux en cours.

Ce retrait n’est pas le fruit d’une renégociation

Pendant ce temps, au Sénégal, c’est le Premier ministre Ousmane Sonko, pour essayer d’exister dans l’agenda médiatique qui fait la part belle à Macky Sall, à la tournée économique du président de la République et à la sulfureuse histoire de mœurs qu’il voudrait bien voir définitivement enterrée, nous sort une déclaration pour évoquer une «victoire majeure» à propos du bloc gazier de Yakaar Teranga. «Nous avons obtenu et signé, sans aucune contrepartie financière pour le Sénégal, l’accord de retrait conjoint de Kosmos et Petrosen de la licence portant sur le bloc gazier de Cayar, dénommé Yakaar Teranga. Une victoire majeure», dit-il sur sa page Facebook. Il ajoute : «La reprise de ce bloc, le plus prometteur de notre bassin sédimentaire à ce jour, attribué à Frank Timis en même temps que celui de Saint-Louis, que nous partageons avec la République islamique de Mauritanie, dans des conditions pour le moins opaques sous le régime du Président Macky Sall, est l’aboutissement d’un combat de dix années et d’un engagement politique ferme : tous nos actifs spoliés seront renégociés et, si nécessaire, recouvrés.»

La situation autour du bloc gazier Yakaar Teranga s’explique par des faits précis : les compagnies pétrolières impliquées se sont retirées du projet, faute de trouver des partenaires capables de financer et développer un gisement aussi complexe. Ce retrait n’est pas le fruit d’une renégociation ni d’un changement de stratégie, mais bien d’une incapacité à mobiliser les ressources nécessaires. Dans un premier temps, BP s’est désengagée en 2023. La compagnie avait déjà investi plus de 7 milliards de dollars (certains évoquent même 8 milliards) dans le développement du projet Gta, qui constituait sa priorité stratégique. Du côté sénégalais, la volonté était de voir Yakaar Teranga exploité, mais les deux parties n’ont pas réussi à s’accorder sur un schéma d’exploitation viable : le Sénégal souhaitait une exploitation qui alimente la consommation domestique, alors que le partenaire britannique privilégiait l’exportation. Finalement, BP s’est retirée, rétrocédant ses parts à l’association Petrosen-Kosmos.

Les compagnies ont simplement quitté le projet

Depuis ce retrait, Kosmos a tenté de relancer le projet en cherchant de nouveaux partenaires, mais malgré ses efforts, aucun investisseur majeur n’a accepté de s’engager. Aujourd’hui, Kosmos se retire à son tour, laissant le bloc libre. Il n’y a eu aucune renégociation : les compagnies ont simplement quitté le projet.

Le défi auquel le Sénégal est désormais confronté est clairement identifié : il doit attirer un major pétrolier capable d’investir au moins 5 milliards de dollars, avec une stratégie permettant de satisfaire la demande nationale tout en assurant une capacité d’exportation de gaz naturel liquéfié. Ce défi est à la fois industriel, financier et stratégique.

Dans le contexte actuel, il serait plus essentiel pour le Premier ministre d’adopter une approche honnête et transparente envers le Peuple sénégalais. La présentation du retrait de Kosmos comme une «victoire» mérite d’être nuancée, car elle occulte la réalité du dossier. En effet, Kosmos a explicitement indiqué son départ depuis des mois, en raison de l’absence de partenaire et d’un manque d’accord jugé rentable avec l’Etat. Ce geste ne s’apparente donc pas à une reprise triomphale, mais plutôt à une récupération d’un bloc que l’opérateur considère désormais comme peu attractif.

Ainsi, Sonko doit apprendre que gouverner, c’est avant tout assumer la responsabilité de dire la vérité aux citoyens. Il est indispensable de ne pas embellir ou travestir les faits, mais de les présenter dans toute leur complexité. Cette attitude permettra d’établir une relation de confiance et de faire face aux défis qui en découlent, avec lucidité et professionnalisme.

Par Bachir FOFANA