Par Justin GOMIS – Le malaise est profond au sein de la Fonction publique locale. Alors que le protocole d’accord signé avec le gouvernement peine à être pleinement appliqué, les travailleurs des collectivités territoriales font face à une précarité sans précédent. En conférence de presse hier, l’intersyndicale a dressé un bilan noir : moins de 100 collectivités sur 601 ont pu verser les salaires de leurs employés.

Cette asphyxie financière résulte, selon les syndicalistes, du retard de l’accompagnement étatique pour la revalorisation salariale. Moussa Cissokho, chargé de communication de l’intersyndicale, exige du ministère des Collectivités territoriales «la mise à disposition immédiate de 1, 6 milliard de francs Cfa» pour soutenir les budgets locaux impactés par ces hausses de salaires.

L’intersyndicale rappelle aux exécutifs locaux (maires et présidents de Conseil départemental) leurs obligations légales, notamment l’article 29 du Statut général des fonctionnaires locaux, qui garantit le droit au salaire et à ses revalorisations.

Les chantiers urgents de la Fonction publique locale

Outre l’aspect financier, les travailleurs réclament une accélération des réformes administratives auprès du Centre national de la Fonction publique locale (Cnfplf) : 1800 agents attendent toujours d’être intégrés dans le logiciel de paie. Il y a aussi l’achèvement de l’audit physique des agents et la création de nouveaux corps de métiers, l’alignement des primes de santé pour les agents locaux sur celles des agents de l’Etat.

Vers une paralysie totale dès le 2 janvier

Le climat social risque de se détériorer rapidement.

L’intersyndicale conteste fermement les récents décrets 2025-1618 et 2025-1619, estimant qu’ils remettent en cause les acquis de leur statut. Elle demande la convocation d’urgence du Conseil supérieur de la Fonction publique locale, conformément à la loi de 2011.

Faute de réponse concrète, les travailleurs passeront à l’offensive.

Un préavis de grève sera déposé dès le 2 janvier 2026, marquant le début d’un nouveau plan de lutte qui pourrait paralyser les services municipaux et départementaux à travers tout le Sénégal.

justin@lequotidien.sn