Dans un communiqué au vitriol publié ce jour, le Parti socialiste (Ps) a exprimé son indignation face à la situation critique du monde rural. Entre chute des cours de l’arachide et absence de régulation, les socialistes dénoncent un abandon total des paysans au profit des spéculateurs.

Le ton est monté d’un cran sur l’échiquier politique sénégalais. Le Parti socialiste, formation historique de la gauche, ne décolère pas face à ce qu’il qualifie de «dégradation alarmante» de la condition paysanne sous l’ère du Premier ministre Ousmane Sonko.

Le «spectacle accablant» des marchés hebdomadaires

Le constat dressé par le Ps est sombre. Sur le terrain, la campagne de commercialisation agricole semble virer au cauchemar pour les producteurs. Le communiqué décrit des scènes de désespoir dans les marchés ruraux où les paysans, étranglés par les charges familiales, sont contraints de brader leurs récoltes.

«Des charrettes entières chargées de sacs d’arachide défilent devant des «banabana» et des rabatteurs qui imposent aux paysans des prix indignes et humiliants», fustige le parti.

Pour les Socialistes, cette situation n’est pas un accident de parcours, mais le résultat direct d’une absence totale de régulation et d’anticipation de la part des autorités actuelles.

Des «guerres de clans» au sommet de l’Etat

Au-delà de la crise économique, le Ps porte l’estocade sur le terrain politique. Le parti accuse le gouvernement de se perdre dans des luttes de pouvoir internes plutôt que de s’attaquer aux urgences nationales. Le communiqué dénonce un «amateurisme» qui mettrait en péril l’ensemble de la filière arachidière. Pendant que le monde rural sombre, le gouvernement serait le théâtre de «luttes intestines» privant le pays d’une méthode de gestion cohérente. Le Ps qualifie les récentes sorties gouvernementales de «déclarations pompeuses et triomphalistes» ne reposant sur aucune donnée statistique fiable.

Un appel à la mobilisation générale

Face à ce qu’il nomme une «mascarade indigne», le Parti socialiste appelle à un sursaut. Il invite les organisations paysannes, les opérateurs économiques et les collectivités territoriales à se mobiliser pour défendre leurs intérêts face à un régime jugé «inexpérimenté qui navigue à vue».

Le parti conclut en réaffirmant sa fidélité à ses valeurs historiques, prônant une politique agricole basée sur la planification stratégique et la protection effective des producteurs, loin de «l’opacité» actuelle qui favoriserait, selon lui, les intérêts des exportateurs au détriment de la souveraineté économique du Séné­gal.