Le samedi 31 janvier 2026, s’est déroulée, sous la présidence du camarade Mody Guiro, une manifestation portant programme de la relève, pour le Comité national des femmes/Cnts dont la camarade Aïssatou Touré est la présidente. Sous le thème bien choisi par son leader, il s’est agi de : «La relève du Comfem, c’est l’avenir que nous préparons aujourd’hui. Engagez-vous, formez-vous, osez diriger.»
En raison que le syndicalisme prend en compte plusieurs considérations. Et la première : elle s’appuie sur l’étude sociologique de chaque postulant qui ambitionne de se considérer comme faisant partie intégrante dudit projet. Quant à la deuxième considération, elle s’appuie sur la capacité, les causes et les objectifs, puis sur le consentement et les conditions, eu égard à cette longue formation envisagée ? Un lien de subordination , un sacerdoce, des sacrifices immenses et un oubli de soi. De cause à effet donc, ladite relève doit pouvoir se constituer dans un environnement approprié, avec des esprits dotés d’un niveau structuré (un ensemble organisé dont les éléments sont en étroite dépendance les unes vis-à-vis des autres).
Ce faisant, une relève supposée s’articule autour d’une grande pratique sur le terrain, une formation idéologique et pédagogique, mais également des moyens financiers .
A cet effet, la question est de savoir : à qui est destinée cette relève ? Où doit se faire un tel recrutement ? Et de quel profil s’agit-il ? Est-ce dans le secteur de l’économie informelle, dans le formel, en entreprise, dans les syndicats ou dans les associations ? Qui seront les concernés : des jeunes ; des adultes et/ou des seniors ? Des alphabétisés ou non-alphabétisés ? Pourrait-il s’agir de diplômés, de cadres, de subalternes ou de simples agents instruits ? Enfin, cette relève-là : elle concerne qui, pourquoi et comment ? Tout un enjeu au profit d’une confédération syndicale visible, qui est en train de planifier son avenir, dans le champ syndical ! Et cet avenir se construit dès aujourd’hui, au prix d’énormes sacrifices… pour demain.
En raison que les objectifs tracés, en vue d’orientations définies par ladite Confédération nationale des travailleurs du Sénégal, sont louables, plus particulièrement à l’endroit du Comité national des femmes. Et le but fondamental est de s’assigner et de tendre [à la fois] vers une formation syndicale de masse, au profit des militantes et militants . Donc, intelligible pour un plus grand nombre, en tentant d’élever le niveau de qualité à cette formation. Cela, sans aucun doute, doit permettre à la crème syndicale de pouvoir pénétrer les entreprises, aux fins de convaincre des travailleurs-salariés et des délégués du personnel. Il s’agira surtout de pouvoir instruire et promouvoir un certain maillage entre les syndicats de base, les unions régionales, départementales chapeautés par la confédération.
Attendu que dans la perception du projet, serait-il question d’élaboration, afin de mettre en capacité une direction syndicale des femmes participantes et déterminantes, dans le but de concrétiser des formations générales de niveau de base, de niveau moyen et de niveau supérieur ? En ce sens, il ne devrait point s’agir d’un projet bling-bling, encore moins d’une simple journée folklorique, voire d’un projet pour une semaine ou un mois. Il devrait s’agir, de manière pragmatique, d’outiller des travailleurs-salariés concernés, qui en ont besoin, au profit des syndicats et de la centrale syndicale. Il s’agira de leur apprendre à intervenir avec éloquence, de pouvoir exposer, défendre… d’être encadré et d’accompagner les nécessiteux pour réagir dans le bon sens.
Attendu que cette formation-là permettra de forger un nouveau type de militante aguerrie à la tâche syndicale, mais également à la tâche économique, humaine, sociale et politique. Des militantes qui sachent animer, informer, sensibiliser, mais aussi rassembler des éléments syndicaux, en entreprise et en dehors, qui leur seront indispensables. Ces femmes-là devront pouvoir administrativement rédiger une requête de conciliation en direction des institutions sociales et juridiques portant sur toutes sortes de conflits sociaux ; intervenir en entreprise sur les différents processus prenant en compte leur statut et leur fonction en entreprise, au syndicat et à la centrale syndicale ; préparer et coordonner le suivi-évaluation des actions mises en œuvre, entre autres.
En raison que la formation doit pouvoir se construire et s’élaborer par des méthodes pédagogiques rassurantes, de pouvoir donner un contenu à ce projet, dans un déroulement progressif à respecter, posant des plans et des liens adéquats avec l’ensemble des acteurs. Que dans son cheminement, le Comité des femmes de la Cnts devra comprendre et faire la différence entre un leader et un champion, dans un domaine bien précis.
En raison que la formation sur le syndicalisme repose sur une bonne méthode et, en finalité, sur une opérationnalité dans la rigueur, le dévouement, la pratique et la disponibilité. Ce sera-là l’évaluation finale de la formation. Et ce ne sera que justice sociale. Toutes ces indications ne sont guère limitatives. C’est une base minimale, nécessaire, pour la préparation d’une future déléguée et d’une excellente responsable syndicale.
Ibrahima Khalil MENDY
Sg Syntips et président du
Mouvement des permanents Cnts
