Comment ancrer une culture de la qualité dans les entreprises et l’administration sénégalaises ? C’est à cette question que l’Association sénégalaise de normalisation souhaite apporter une réponse. Pour l’Asn, c’est le début de l’industrialisation du pays.
Par Malick GAYE – L’Association sénégalaise de normalisation a organisé, ce mercredi, une table ronde institutionnelle sur le thème «Compétitivité et souveraineté économique : le rôle stratégique des normes et d’une infrastructure nationale de la qualité performante». La rencontre s’est tenue en présence de Sergio Mujica, Secrétaire général de l’Organisation internationale de normalisation (Iso), en visite officielle au Sénégal, ainsi que des représentants du gouvernement, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.
Le Sénégal a adopté, depuis 2024, son Agenda national de transformation, la Vision Sénégal 2050, qui ambitionne de faire du pays une Nation industrialisée et souveraine. Pour y parvenir, la Politique nationale de la qualité a été réactualisée afin de donner à l’Etat, au secteur privé et à la Société civile, «les moyens de pouvoir soutenir cette industrialisation» à travers la normalisation, l’évaluation de la conformité et la métrologie. L’explication est de El Hadji Abdourahmane Ndione, qui a cité le rapport sur le développement mondial 2025 de la Banque mondiale qui consacre une partie de son analyse à l’importance de la normalisation pour le développement économique de pays comme le Sénégal.
El Hadj Abdourahmane Ndione, Directeur général de l’Asn et président du Devco, le Comité de l’Iso pour les pays en développement, est revenu sur la place du Sénégal dans la gouvernance mondiale des normes. Ce comité regroupe 135 des 177 Etats membres de l’Iso, et des experts sénégalais du privé, de l’université et de l’administration participent aux travaux techniques internationaux. Il a présenté la certification comme un levier de performance, citant la norme Iso 9001 sur le management de la qualité, qui permet notamment de développer «l’écoute client» dans les entreprises comme dans l’administration.
Des défis restent toutefois à surmonter. Interrogé sur les manquements constatés dans les entreprises privées en matière de normalisation, le président du Conseil d’administration de l’Asn, Mamadou Dia, a reconnu la persistance de ces lacunes, tout en assurant que l’association dispose de «tous les moyens et toutes les compétences pour appuyer les entreprises».
Selon les intervenants, l’enjeu reste désormais d’ancrer une culture de la qualité, dans le privé comme dans l’administration, pour accompagner les politiques publiques de la Vision Sénégal 2050.
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