A moins de cinq mois du début de la Coupe du monde de football que les Etats-Unis co-organisent avec le Canada et le Mexique (du 11 juin au 19 juillet), le climat est explosif en Amérique. Le caractère imprévisible et les menaces tous azimuts de Donald Trump, pourtant décoré du «Prix Fifa pour la paix» par Gianni Infantino en décembre, commencent à laisser planer une relative incertitude sur l’événement planétaire. Le Mondial le plus ouvert de l’histoire, puisqu’il rassemblera pour la première fois un quart des pays du globe (48 équipes), pourrait-il être privé de certains de ses acteurs ?

Toujours plus radicale dans sa politique anti-immigration, l’administration Trump a ainsi annoncé, mi-janvier, geler les visas des ressortissants de 75 pays. S’il ne s’agit là que des visas d’immigration, cela concerne tout de même 15 des 42 pays déjà qualifiés pour le Mondial, du Maroc au Brésil, en passant par l’Uruguay. Pour les ressortissants d’une trentaine de pays, la délivrance d’un visa touristique (nécessaire pour venir soutenir son équipe) est conditionnée au paiement d’une caution. Son montant, de 5000 à 15 000 dollars, est déterminé lors d’un entretien avec les services de l’immigration. Cela concerne par exemple les Algériens, ou encore les Sénégalais, champions d’Afrique, dont l’équipe affrontera les Bleus au premier tour (le 16 juin). Sans oublier que le «travel ban» prive, depuis juin 2025, d’entrée sur le sol américain les ressortissants d’Iran et d’Haïti, deux pays qualifiés.

Les dernières grandes compétitions avaient donné lieu à des initiatives beaucoup plus modestes, comme un boycott diplomatique des Jeux de Pékin en 2022 dont plusieurs dirigeants avaient boudé la cérémonie d’ouverture. Au Qatar, après l’interdiction par la Fifa du port d’un brassard contre les discriminations Lgbt+, l’Equipe allemande avait posé la main devant la bouche lors de la photo officielle. Les enjeux économiques d’un tel événement semblent aujourd’hui limiter la marge de manœuvre pour toute contestation.

Quid d’un boycott des supporters ?

Pour les fans des 48 équipes qui disputeront le tournoi planétaire, à partir du 11 juin, encore faut-il pouvoir acheter un billet dont le prix était compris entre 191 et 14 281 euros à l’ouverture de la billetterie. La Fifa a assuré, mi-janvier, que 500 millions de demandes pour en acquérir avaient été effectuées en un mois, alors que leur coût avait fait polémique.

Avec Ledauphine