Après un début de compétition où certains stades sonnaient creux, la Can au Maroc attire de plus en plus de fans. En plus de la billetterie, la forte présence des médias, la Caf annonce des chiffres records.
L’affluence des stades de la Can a été un long débat en ce début de compétition. Après les premières images de stades pas toujours pleins, les questions étaient nombreuses de la part des suiveurs du football africain. Pourtant, cette question est récurrente à chaque Can, avec des stades très souvent vides lorsque le pays organisateur n’est pas concerné par la rencontre. Et les raisons sont nombreuses : prix inaccessibles pour les supporters des pays africains, déplacements très longs et une logistique difficile à gérer. Mais au Maroc, contrairement aux images, les chiffres donnent une autre vérité. Cette Can a atteint des chiffres records, selon la Caf.
Juste avant le commencement de la Can, le Secrétaire général de l’instance du football africain, Véron Mosengo-Omba, avait annoncé que plus d’un million de billets avaient été vendus en cinq jours, dépassant la totalité de la compétition en Côte d’Ivoire, mais aussi que les records de journalistes accrédités et de sponsors partenaires avaient été largement battus. Après les 8es de finale, plus de 956 788 spectateurs ont assisté à la Can au Maroc contre 817 313 en Côte d’Ivoire. Mais alors, comment le Maroc a réussi à renverser la situation au fil du tournoi ? Au début de la compétition, notamment à Agadir, certaines personnes avaient pu réussir à rentrer gratuitement dans le stade pour assister aux rencontres de l’Egypte. Alors que des rumeurs sur un accès gratuit vingt minutes après le coup d’envoi avaient circulé, la Caf avait finalement démenti. Dans certaines enceintes de cette Can, il était aussi possible de se procurer des billets pour les matchs avec les tarifs officiels (100 dirhams, 200 dirhams, 300 dirhams).
Une organisation qui s’est adaptée
Le Maroc, dans sa stratégie, avait aussi beaucoup misé sur l’élan des réseaux sociaux et les offres financières pour attirer du monde. Mais certains couacs d’organisation du début de la compétition ont aussi été réglés, à l’image de la gestion des flux en avant-match sur certaines grosses affiches. Certains barrages de sécurité ont également été raccourcis. Là où il fallait plus de 45 minutes pour rejoindre le Stade Moulay Abdellah de Rabat entre le premier barrage et la tribune, il n’en fallait plus que 20 lors du 8e de finale entre le Maroc et la Tanzanie.
Pour lutter contre la revente de billets et le marché noir, le Maroc a aussi mis les moyens. Depuis le début de la compétition, plus de 120 personnes ont été interpellées pour «vente illégale et falsification de billets, atteinte aux systèmes de traitement automatisé des données, escroquerie et diffusion de fausses informations relatives au tournoi continental».
Et après des premiers matchs décevants, désormais la quasi-totalité des rencontres affiche un taux de remplissage proche des 90%, ce qui est une réussite pour la Caf, qui espère en interne que l’engouement se prolongera lors des prochaines compétitions. Les affiches alléchantes des quarts de finale devraient naturellement continuer à attirer du monde et conforter l’idée que cette Can a changé de dimension cette année.
