Eliminés avec les honneurs après avoir fait trembler l’Argentine, les joueurs du Cap-Vert ont eu droit à un accueil digne de champions à leur retour au pays, ce dimanche. Des milliers de supporters ont envahi les rues de la capitale pour remercier la sélection nationale, entrée à jamais dans l’histoire du football africain. Praia chavire dans l’ivresse patriotique !
Le tarmac de l’aéroport Nelson Mandela de Praia n’avait jamais connu pareille effervescence. Deux jours après leur élimination mémorable face à l’Albiceleste (2-3 après prolongations) en seizième de finale de la Coupe du monde, les Requins Bleus ont retrouvé leur terre natale. L’avion à peine immobilisé, une clameur assourdissante s’est élevée à l’extérieur.
Des milliers de Cap-verdiens, vêtus de bleu, de rouge et de blanc, ont escorté le bus à impériale de la sélection tout au long d’un parcours improvisé dans les artères de la capitale. Un défilé au rythme de la musique locale où les larmes de la défaite ont laissé place à une immense fierté nationale. Pour un archipel de 550 000 habitants -le plus petit pays en superficie à s’être jamais qualifié pour une phase finale de Coupe du monde-, ce parcours relève du miracle sportif.
Une épopée qui a bluffé la planète football
Si le retour est si triomphal, c’est que personne n’attendait les Requins Bleus à un tel niveau de compétitivité. Tombé dans le redoutable Groupe H, le Cap-Vert a déjoué tous les pronostics en restant invaincu au premier tour. Les hommes du sélectionneur ont successivement tenu tête à l’Espagne (0-0), bousculé l’Uruguay (2-2), avant de valider leur ticket historique face à l’Arabie saoudite (0-0).
Mais c’est leur chef-d’œuvre face aux champions du monde argentins à Miami qui a définitivement fait basculer cette équipe dans une autre dimension. Menés, les insulaires ont puisé dans leurs ressources grâce à un but de Deroy Duarte pour arracher les prolongations, portés par un Vozinha impérial dans les cages face à Lionel Messi. Il aura fallu un coup du sort et un but contre son camp malheureux à la 111e minute pour briser le rêve des Requins Bleus.
Un héritage qui dépasse le sport
«Nous sommes tombés la tête haute. Nous avons fait jeu égal avec l’Argentine. Cela finit sur une note triste, mais je me sens fier et satisfait du parcours que nous avons eu», a confié le gardien emblématique Vozinha, ému face à la foule.
Cette aventure marque la première fois depuis 2010 qu’une Nation débutante réussit à s’extirper des poules pour atteindre la phase à élimination directe d’un Mondial. Au-delà des statistiques, cette équipe aura réussi à unir tout un Peuple, de l’archipel jusqu’aux larges frontières de sa diaspora. A Praia, la fête est bien partie pour durer plusieurs jours : les Requins Bleus ne ramènent pas le trophée, mais ils ont conquis le respect du monde entier.
