Le nouveau Directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (Anam), Mamadou Thiaw, a officiellement pris fonction ce lundi. Nommé en juillet dernier en remplacement de Bécaye Diop, l’expert en sciences de gestion et en management stratégique entend inscrire son action dans la continuité des acquis, tout en insufflant une nouvelle dynamique fondée sur la rigueur, la transparence, la redevabilité et surtout le culte du résultat, dans un contexte marqué par un important héritage financier de 22 milliards de francs Cfa laissé par son prédécesseur.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Passage de témoin à l’Agence nationale des affaires maritimes. Nommé le 16 juillet 2026 en Conseil des ministres, Mamadou Thiaw prend les commandes de l’Anam dans un contexte où le secteur maritime est appelé à jouer un rôle croissant dans la souveraineté et le développement économique du Sénégal. Mais aussi avec en toile de fond un bilan financier jugé solide, marqué par 22 milliards de francs Cfa de réserves laissés par l’équipe sortante.

Face aux agents et partenaires du secteur, le nouveau patron de l’Anam a placé sa mission sous le signe de la responsabilité. «Je viens avec la ferme volonté» de faire de l’agence une administration moderne et performante, a-t-il laissé entendre, en affichant une ambition claire : faire du secteur maritime «un moteur de croissance durable, de création d’emplois, d’innovation et de prospérité partagée».

Pour Mamadou Thiaw, l’enjeu est également de renforcer la place de l’Anam dans la politique maritime de l’Etat. Administration des navires, sécurité et sûreté maritimes, protection de l’environnement marin et développement de l’économie bleue constituent autant de chantiers dans un secteur marqué par la montée en puissance des activités pétrolières et gazières et l’ambition du Sénégal de devenir un hub logistique régional.

Le nouveau Directeur général promet ainsi de s’appuyer sur les acquis de son prédécesseur. Il a rendu hommage à Bécaye Diop pour le travail accompli et les réformes engagées durant son passage à la tête de l’agence.

De son côté, le Directeur général sortant a présenté un bilan marqué, selon lui, par d’importants investissements et une situation financière favorable. Bécaye Diop a notamment indiqué avoir trouvé 15 milliards de francs Cfa dans les comptes de l’Anam à son arrivée et laisser 22 milliards de francs Cfa en réserve à son successeur, un niveau de trésorerie présenté comme un socle solide pour la nouvelle équipe.

Il a cité plusieurs projets structurants durant ses vingt-trois mois de gestion. Parmi ceux-ci, une convention de 25 milliards de francs Cfa avec la Corée du Sud pour la construction de deux navires en acier de 35 places avec espace pour véhicules, ainsi qu’un nouveau quai de 100 mètres à Gorée. Une gare maritime est également annoncée sur l’île.

Le sortant a aussi évoqué la finalisation des travaux du Marché central au poisson de Thiès, la rénovation programmée de l’Ecole nationale de formation maritime, construite en 1919, ainsi que le projet de création d’une Académie maritime et de quatre centres de formation aux métiers de l’économie bleue.

Sur le volet de l’autorité maritime, Bécaye Diop a annoncé l’acquisition de quatre vedettes de service destinées notamment à renforcer les capacités d’intervention des inspecteurs dans la rade de Dakar et sur les plateformes pétrolières et gazières. Huit embarcations de 35 places doivent également être réceptionnées en septembre pour améliorer la mobilité dans plusieurs zones insulaires et enclavées.

Le bilan présenté par le Dg sortant comprend également plusieurs projets de développement territorial. Il a cité un accord de financement estimé entre 30 et 40 milliards de francs Cfa pour un projet intégré à Saint-Louis, comprenant notamment la stabilisation de la brèche, la construction d’un port de pêche moderne et d’une base logistique pétro-gazière.

En Casamance, une convention de 42 milliards de francs Cfa doit permettre la construction des ports de Kafountine et de Ziguinchor, le dragage, la mise en place d’un centre de formation aux métiers de la mer et le développement du transport fluvial et maritime.

La digitalisation figure également parmi les acquis revendiqués. L’Anam a développé plusieurs plateformes consacrées notamment aux certificats des navires, aux visites médicales des marins, au pilotage maritime, au suivi des performances, à la sûreté portuaire et au traitement des plaintes des marins.

C’est sur cette base que Mamadou Thiaw entend désormais bâtir. «Rigueur, transparence, redevabilité et culte du résultat», a-t-il martelé.

latifmansaray@lequotidien.sn