Pour faire des médias l’un de ses puissants remparts, le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) organise, depuis hier à Accra, un atelier de formation régional au profit de plus d’une cinquantaine de journalistes sur l’investigation sur les crimes économiques et financiers.

Par Dialigué FAYE (Envoyé spécial à Accra) – Dans le cadre de la Lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Lbc), le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (Giaba) poursuit la mobilisation du secteur des médias. Il a encore réuni à Accra une cinquantaine de journalistes en provenance des pays membres de la Cedeao, pour renforcer leurs capacités dans le journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers, afin qu’ils puissent jouer leur partition dans l’éradication de ces fléaux.

Le Giaba considère que la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme ne peut être pleinement efficace sans l’implication active des médias, particulièrement celle des journalistes d’investigation. Leurs «missions de veille, de sensibilisation et d’enquête les placent au cœur de la quête de transparence et de reddition des comptes. Par leurs enquêtes, ils contribuent à mettre à jour les pratiques illicites, à alerter l’opinion publique, à éclairer le débat, à interpeller les décideurs et à consolider la gouvernance», affirme Timothy Melaye, Responsable principal de la communication et du plaidoyer par intérim, représentant le Dg du Giaba à l’ouverture de cet atelier régional de formation.

Cette édition est la deuxième tenue au Ghana, avant la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Liberia, Cabo Verde et le Sénégal. Et d’après Benjamin Ofor, directeur des Affaires juridiques du Centre de renseignement financier du Ghana, «cette démarche consacre le rôle prépondérant que jouent les professionnels de l’information dans la mise à nu des faits de corruption, la lutte contre l’impunité et la promotion de la bonne gouvernance…». Des efforts ont été faits dans ce sens. Mais des défis restent à relever.

A preuve, rappelle le représentant du Directeur général du Giaba, «notre région reste confrontée à des menaces évolutives relatives au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme et au financement de la prolifération des armes de destruction massive. Ces phénomènes entravent la mise en œuvre effective des mesures de Lbc/Ft/Fp. Au nombre des principales vulnérabilités, figurent la corruption à haut niveau entraînant des flux financiers illicites provenant en grande partie du secteur extractif, la recrudescence des activités relatives au terrorisme, l’usage abusif des actifs virtuels, le trafic de stupéfiants, ainsi que la faiblesse de la supervision réglementaire exercée sur les Entreprises et professions non financières désignées (Epnfd), entre autres».

Au-delà de ces défis, souligne-t-il, «le Giaba n’est pas seulement le témoin, mais aussi l’architecte d’une transformation majeure de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest. Il s’agit, en effet, d’un combat qui exige une sensibilisation accrue, une mobilisation citoyenne et une appropriation collective. C’est là que le rôle des journalistes au sein des médias revêt une importance capitale».

Lancée hier, cette formation régionale sera clôturée le 24 septembre 2026.

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